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Jean-Marie Allafort :
Tout pousse les chrétiens à se sentir étrangers à la culture musulmane
dominante. |
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Plus d'illuminations
pour Noël
Il considère que les prises de position du patriarche latin de
Jérusalem, Michel Sabbah, sont nuisibles pour les chrétiens. « Il cherche
avant tout à être un bon palestinien selon les critères établis par les
musulmans les plus radicaux. Il n’a jamais condamné le terrorisme, par
exemple. Même si son but est de protéger les chrétiens, sa démarche est
suicidaire car il contribue à ce que les chrétiens se laissent dominer par
les musulmans. L’Autorité palestinienne ne punit pas les agressions contre
les chrétiens. C’est pourquoi ils font profil bas.» Il cite en exemple
Bethléem, où les chrétiens n’ont plus le droit d’illuminer la ville pour
Noël. « Même les festivités du nouvel an sont interdites. Beaucoup de
musulmans croient que le nouvel an est la principale fête chrétienne. »
A Bethléem, le directeur d’une petite station de
télévision chrétienne locale voulait installer un émetteur pour élargir sa
couverture. Ses locaux ont été saccagés par une bande des environs et il lui
a clairement été notifié que s’il s’avisait d’installer cet émetteur, il
aurait à en subir les conséquences.
Avertissement bien
compris
Les persécutions subies par les chrétiens sont multiples :
expropriations, menaces et attaques physiques et verbales. Il arrive aussi
que l'on marie de force une jeune fille chrétienne à un musulman et que
certaines soient violées. Dès son arrivée, fin 2005, le Père Pierbattista Pizzaballa, nouveau custode de Terre Sainte, avait commencé à
parler ouvertement, mais il a vite été accusé par les autres responsables
chrétiens d’irresponsabilité, de mettre encore plus en danger les membres de
sa communauté. Lorenzo Cremonesi, un journaliste du Corriere della Serra,
qui l’avait interviewé et publié un article retentissant, avait aussitôt été
enlevé et retenu plusieurs heures dans le camp de réfugiés de Nousseirat,
dans la bande de Gaza, en guise d’avertissement. Le message est bien passé
chez les journalistes et chez les chrétiens et le silence est de nouveau de
rigueur.
« Les chrétiens sont éduqués dans les valeurs
occidentales : liberté individuelle, esprit critique, égalité homme femme,
etc. Tout les pousse à se sentir étrangers à la culture musulmane dominante.
C’est pourquoi ils émigrent en masse. » En Israël, leur nombre reste stable,
mais à Bethléem, par exemple, en 1967, ils représentaient encore 77% de la
population. Aujourd’hui, ils n’en représentent plus que 10%.
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Jean-Marie Allafort, né dans le sud de la France, enseigne la prière juive
et la littérature juive du moyen-âge à l’institut Albert Decourtray à
Jérusalem, qui reçoit des chrétiens francophones désireux d’étudier le
judaïsme par ses sources. Il est également un des animateurs du site
Un écho d’Israël, qui commente l’actualité du Proche-Orient. Etabli en
Israël depuis 17 ans, Jean-Marie Allafort est un bon observateur de la
situation des chrétiens en Israël et dans les Territoires.
Les chrétiens
évangéliques
Du côté israélien, les autorités catholiques doivent faire face à
la montée en puissance des chrétiens évangéliques venus des Etats-Unis et
qui, ici comme ailleurs, se livrent à un prosélytisme très agressif, en
premier lieu auprès des chrétiens arabes. Une communauté s’est installée
dans la région du lac de Tibériade sous la protection de Benjamin
Nethanyahou, car les évangéliques ont toujours été les alliés de la droite
israélienne. Le gouvernement actuel se méfie d’eux et accorde des visas
beaucoup plus difficilement, car il sait qu'après les chrétiens, ce seront
les juifs qui seront visés. « En règle générale, constate Jean-Marie
Allafort, les chrétiens souffrent de l’ignorance des particularismes des
différentes communautés chrétiennes de la part des autorités israéliennes.
Elles ont tendance à tous nous mettre dans le même sac. »
Pèlerinages sous
influence
Les pèlerinages constituent également un problème important car
ils sont le plus souvent organisés par des chrétiens européens fortement
influencés par la propagande pro palestinienne. Les pèlerins qui viennent
dans la région ne voient que le côté palestinien et repartent profondément
anti israéliens, persuadés qu’Israël est le seul coupable de la situation
des Palestiniens. « Dans le cadre de notre institut, explique Jean-Marie
Allafort, nous essayons de les rencontrer afin de leur ouvrir les yeux sur
la réalité en leur expliquant la complexité de la situation. Je leur dis :
vous êtes ici grâce au mur de séparation. C’est ce mur qui a fait baisser le
nombre d’attentats, c’est grâce à lui que les commerces et les hôtels de
Bethléem fonctionnent à nouveau. »
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