| Dov Avital, secrétaire général du du kibboutz Metzer : | |||||
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la barrière
n'est pas immuable. |
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Le kibboutz Metzer a été fondé en 1953 par des marxistes venus d’Argentine. Il est situé en bordure de l’ancienne Ligne verte, la ligne d’armistice de 1948, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Tel Aviv, à l’endroit où le territoire israélien est le plus étroit : 17 kilomètres. « Il était alors très facile pour les Arabes de couper le pays en deux. Notre rôle, c’était d’empêcher cela », explique Dov Avital, le secrétaire général du kibboutz. Metzer est aujourd’hui un kibboutz prospère, spécialisé dans la fabrication de systèmes d’irrigation, qui exporte son savoir-faire dans le monde entier. Il est resté très à gauche, partisan d’une coopération soutenue avec les Palestiniens. Le kibboutz est situé dans une région où le sol est très pauvre. Les trois premières années ont été consacrées à déplacer les pierres et les blocs de rocher afin de dégager des surfaces exploitables. Néanmoins, il a réussi à devenir le deuxième producteur de fruits sans engrais ni pesticides d’Israël. Il dispose d’importantes surfaces de terrain et ses revenus lui permettent désormais d’envisager de mettre en place un système de récupération et de recyclage de l’eau et de créer des entreprises afin de donner du travail aux Arabes de la région. Lorsque le gouvernement israélien a décidé de construire la barrière de sécurité, le maire de Qafin, le village palestinien situé de l’autre coté de la Ligne verte et les habitants du kibboutz, ont décidé qu’elle serait construite à l’emplacement exact de cette ligne, qui, jusqu’en 1967, marquait la frontière. « Nous étions d’accord pour dire : ici c’est chez nous et là c’est chez vous. Nous avions donné une conférence de presse conjointe pour l’annoncer », raconte Dov. Mais les autorités israéliennes trouvaient que pour des raisons de sécurité il valait mieux faire passer cette barrière le long des maisons du village palestinien. « Leur argument, c’était : s’ils sautent par-dessus, on aura au moins 5 minutes pour réagir avant qu’ils atteignent les villages israéliens. En revanche, il est très facile maintenant pour un Palestinien de tirer sur les patrouilles israéliennes depuis un toit. L’armée devra dans ce cas se livrer à des représailles. » Puis est arrivé ce terrible jour du 15 mai 2002 où un terroriste venu de Tulkarem a traversé Qafin et est entré dans une maison du kibboutz. La maman s’est mise en travers de la porte de la chambre des enfants pour tenter de les protéger. Il l’a tuée et a ensuite tué les deux enfants. Puis il a tué deux autres personnes du kibboutz avant de s’enfuir. « Le terroriste a voulu punir en même temps les habitants de Qafin, parce qu’ils avaient de bonnes relations avec nous », explique Dov. Ceux-ci sont venus présenter leurs condoléances. « Des représentants de l’Autorité palestinienne ont voulu aussi venir présenter leurs condoléances. J’ai dit : d’accord, mais à condition que vous ne disiez pas que c’est mal de tuer des gens de gauche. Résultat, personne n’est venu. Après ça, on n’a plus eu le courage de se battre»* |
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Dov Avital, |
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La barrière est aujourd’hui construite, à environ 800 mètres à l’est de la frontière initiale. Les terres palestiniennes, avec leurs oliviers, sont restées à l’abandon, le kibboutz a gardé son ancienne clôture. Les habitants de Qafin sont donc privés de leurs oliviers et des terres où ils venaient faire brouter leurs chèvres et leurs moutons. « Les oliviers ne représentent pas une grande valeur marchande, même pour eux. Mais ils ont été plantés par leurs grands-parents, ils sont très importants sur le plan symbolique, ils représentent leur histoire, leurs racines. Le gouvernement israélien a proposé des indemnités, mais les Palestiniens ne pouvaient pas les accepter, ils se seraient fait tuer par le Hamas », explique Dov. Aujourd’hui, il ne désespère pas de voir un jour la barrière déplacée et installée à l’emplacement de la Ligne verte. « Nous savons que les terres pourront être restituées dans le cadre d’un accord. Une frontière ça se déplace. Ici, entre 1948 et 1967, elle a été modifiée 22 fois, au gré des différents accords signés avec la Jordanie ». En attendant, les habitants de Qafin font un détour de 5 kilomètres pour venir récolter leurs olives et c’est le kibboutz qui se charge de leur commercialisation. Un grand projet de production d’huile d’olive biologique est en cours et les responsables du kibboutz sont à la recherche de fonds pour que les habitants de Qafin puissent disposer d’un système de tout-à-l’égout, ce qui permettrait d’attribuer le label biologique également à leurs olives. * Au sujet de la réaction de l’Autorité palestinienne, lire l’article « Les honneurs de la République » http://www.acpro.org/commentaires.htm
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