Qui sommes-nous.

Nous sommes un groupe de citoyens de tous horizons politiques, avec ou sans religion, sans relations avec les instances du pouvoir et sans expérience particulière dans l’activité militante. Nous sommes tous des démocrates sincères, faisant tout notre possible pour garder en tête les valeurs fondamentales de liberté et de respect de la dignité humaine.

L’idée de nous regrouper est née au cours de la première moitié de l’année 2002, lorsqu’il est apparu que la politique israélienne faisait l’objet non pas d’une critique raisonnée, mais d’une condamnation systématique et unilatérale. Nous ne comprenions plus nos médias et nos responsables politiques. La conférence sur le racisme de Durban en septembre 2001, les polémiques incessantes autour des réactions soi-disant disproportionnées de l’armée israélienne, la déresponsabilisation des groupes terroristes, les attaques et les meurtres antisémites en France, voilà quelques-uns des éléments qui ont constitué pour nous le signe que nous étions tombés dans une perdition du jugement démocratique et que la folie du conflit avait gagné nos esprits.

En 2002, les seuls qui tentaient de renverser le courant étaient des individus juifs. Nous estimions qu’il était de notre devoir de citoyen, nous qui ne sommes pas juifs, de ne pas les laisser seuls affronter le rouleau compresseur du discours normatif.

Dès lors, est apparu le besoin de réfléchir collectivement à une approche moins passionnée et, surtout, plus constructive. Cette approche s’appuie sur la défense des valeurs démocratiques qui fondent notre société. La justification des attentats suicide par le désespoir, par exemple, nous apparaissait nier ces valeurs, dans la mesure où elle évitait d’aborder la véritable nature de ces crimes et tendait à faire porter sur les victimes une partie de la responsabilité. Elle évacuait également le caractère essentiellement totalitaire de l’intifada

Nous regrettons les condamnations à répétition dont Israël fait l’objet dans les organisations internationales, en particulier au Conseil des droits de l’Homme. Ces condamnations discréditent l’institution. Ce ne sont pas les tunnels qui sont dénoncés, mais la réponse d’Israël. Ce ne sont pas ceux qui lancent des roquettes sur Israël qui sont condamnés, mais la riposte israélienne.

Nous nous interrogeons et souhaitons interroger l’ensemble de nos responsables sur cette attitude compassionnelle qui déresponsabilise les Palestiniens et les empêche à terme d’édifier une société démocratique et prospère. Enfermer le Palestinien dans la figure de la victime absolue, c’est le transformer en objet, c’est aussi le considérer incapable de reconnaître l’autre et de dialoguer avec lui.

Les attaques antisémites, la vague de haine qui s’exprime contre Israël, les résultats du sondage Eurobaromètre de septembre 2003 qui place Israël au premier rang des pays qui menacent la paix mondiale, nous apparaissent être le résultat de cet aveuglement collectif.

La situation aujourd’hui s’est améliorée dans le sens où Israël ne fait plus la une des médias. Mais la haine de ce pays et de ses habitants s’est incrustée profondément dans notre société, dans tous les secteurs, et les Juifs de France, assimilés de façon absurde aux responsables israéliens, en paient le prix fort.